31 Jan

Cluster Paris-Saclay : le grondement du COLOS contre la ligne 18

Mardi 23 janvier. Harm Smit, coordinateur du Collectif OIN* Saclay (COLOS), nous reçoit sur le pôle scientifique et technologique (cluster) au nord-ouest de l’Essonne (91) et au sud-est des Yvelines (78). Depuis mai 2006, ce groupement de 120 associations s’hérisse contre ce projet démesuré avec le titanesque métro de la ligne 18 du Gand Paris Express qui devrait transpercer le territoire pour relier Orly à Versailles. Voici leur combat.

*Opération d’Intérêt National

NON aux chimères !

Sur le chantier du cluster Paris-Saclay, une “forêt de grues”

Alors que le gouvernement et les porteurs du projet Paris-Saclay promettent des lendemains qui chantent, la réalité du chantier est toute autre. La ligne 18, présentée en 2009 par Nicolas Sarkozy pour desservir la prétendue future Silicon Valley à la française, devait voir le jour en 2020. Pourtant, sur place, c’est encore un véritable champ de bataille. Si on lit souvent que cet aménagement est « pharaonique » c’est bien parce que comme pour les pyramides, il semblerait que personne n’ait encore trouvé le « truc » pour l’aboutir.  

Reporté d’abord à l’horizon 2024, et peut-être bientôt en 2028 ou 2029, ce calendrier mouvant révèle l’aberration d’une construction mal pensée mais bien drapée pour appâter le plus grand nombre. À la suite de la déclaration d’utilité publique du 28 mars 2017, le COLOS n’en démord pas et montre ses crocs en déposant un recours en Conseil d’État. Dans des rapports récents, la Cour des comptes s’est montrée extrêmement sceptique sur les chances de succès du cluster et sur la faisabilité (financière et technique) du Grand Paris Express.

Pour Harm Smit il s’agit avant tout d’être constructif et de trouver des solutions alternatives raisonnables pour desservir judicieusement l’ensemble du secteur.

OUI à la sauvegarde du patrimoine et du cadre de vie du plateau

Attention aux yeux : les acteurs de Paris-Saclay ont estimé que 60 000 étudiants, 10 000 enseignants-chercheurs et des milliers de salariés seront présents d’ici 2030. L’objectif ? Rivaliser avec Cambridge ou encore Oxford et varapper les classements mondiaux. Camions, échafaudages, grillages et charpentes envahissent ainsi des terres agricoles parmi les plus fertiles d’Europe. Dans cette même optique, la ligne 18, pourtant énergivore, serait la clef d’un « aménagement durable » avec une estimation de 100 000 voyageurs par jour…

Et pourtant, lorsqu’on se rend sur le plateau, on se dit qu’un métro serait bien étrange parmi les terres agricoles, les villages locaux et les forêts paisibles. Pratiquement, il n’attendrait réellement que 4 500 passagers en heure de pointe et ne résoudrait que 20% du problème de desserte, puisque le métro ne serait d’aucune utilité pour la vaste majorité des usagers du plateau qui résident dans l’Essonne. Esthétiquement, la partie aérienne serait une balafre sur le paysage.

C’est en discutant avec Harm Smit que l’on prend conscience de la valeur des étangs et rigoles historiques du temps du Roi Soleil, de la nécessité de préserver la fertilité de ces terres et pérenniser la zone de protection naturelle agricole et forestière (ZPNAF).

Maintenant, à toi de te rendre sur le terrain !

©Jacques de Givry, Plateau agricole de Saclay

Lauren STEPHAN, FNE Ile-de-France