19 Fév

Non! à EuropaCity: touche pas à ma Gonesse

Formé en mars 2011 contre la construction du grand complexe de commerce et de loisirs EuropaCity, le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG) regroupe une quinzaine d’associations. Sur la zone d’aménagement concerté (ZAC), 80 hectares (une centaine de terrains de foot) sont menacés par le projet du groupe Auchan et de l’investisseur chinois Wanda dans le cadre de l’opération publique menée par Grand Paris Aménagement.

Paroles et paroles et paroles

Caramels, bonbons et chocolats sont promis pour la construction du mégaprojet EuropaCity, lourd de 3,1 milliards d’euros d’investissement privé. Des douceurs qui se transfigurent en 20 000m² de restaurants, 230 000 m² de commerces, 2 700 chambres d’hôtel, un parc aquatique, un parc à thèmes, un cirque, une piste de ski intérieure et une salle de spectacle. Voilà qui devrait mettre les plus gourmands en appétit.

Interview de Bernard Loup, président du CPTG

Heureusement, les militants qui s’opposent au projet sont là pour conjurer le sort. Bernard Loup, président du CPTG, souligne le caractère gargantuesque des estimations qui devraient rentabiliser le projet : 31 millions de visiteurs par an dont 6 millions de touristes. En d’autres termes, deux fois plus que Disneyland! Du haut de leur iconique château rose, Mickey et ses acolytes gloussent drôlement. A cela s’ajoute le rêve bleu d’une création vertueuse d’emplois : mais non, notre « cathédrale de la société de consommation »1 ne fera pas concurrence à l’économie locale! Mais oui, nous pouvons embaucher à proximité alors que les centres commerciaux existants ne trouvent déjà plus assez de main d’œuvre localement!

Ces chiffres tactiques qui sonnent faux dévoilent une autre vérité : l’interdépendance du projet avec celui de la ligne 17 du Grand Paris Express. Avec une autre folle estimation de 50% de fréquentation par les transports en commun, alors que Roissy n’atteint que 10%, une épineuse relation de codépendance prend forme. Si la belle EuropaCity échoue, la bête ligne 17 s’effondre et vice-versa.

En somme, les méga complexes, c’est un peu comme l’amour: ça rend aveugle.

Ma terre, ma tendresse

A la lisière de Paris, on retrouve 670 hectares de terres agricoles exceptionnelles. Ce lit continu d’espace naturel nous protège silencieusement d’une partie des émissions de CO2 et nous rappelle la faible autosuffisance alimentaire de Paris. Pour l’entendre, il suffit de tendre l’oreille. Le Triangle de Gonesse est-il réellement le lieu pour un quatrième centre commercial dans un rayon de 10km (Aéroville, O’Parinor et Le Millénaire) ? Est-il réellement le lieu pour un parc d’attraction qui ne saurait rivaliser avec les bandes à Mickey et à Astérix ?

La Coopération pour une Ambition Rurale et Métropolitaine Agricole (CARMA) propose un plus beau mariage. Une agriculture biologique de proximité et un mode de vie équilibré dans la perspective d’une économie sociale et solidaire. Le rayonnement d’un maraîchage responsable avec des navets, des patates et des carottes à l’inverse d’une bétonisation massive.

Ça, c’est ce qui nous donne des papillons dans le ventre et, on l’espère, à toi aussi (comme à Manu d’ailleurs)

Michel Roncayolo, 2001 « Histoire de la France urbaine ; La ville aujourd’hui : Mutations urbaines, décentralisation et crise du citadin, » Paris, Seuil

Lauren STEPHAN, FNE Ile-de-France